• Maison du Temple de Baugy
     

    Département: Calvados, Arrondissement:

     

    Bayeux, Canton: Balleroy, Commune: Planquery - 14


    Maison du Temple de Baugy
    Localisation: Maison du Temple de Baugy


    La fondation: Ce sont des dons consentis à l'Ordre du Temple par Roger Bacon, seigneur du « Molay » (Ce terme a un sens juridique précis au XIIe siècle: Il qualifie des terres qui échappent à toute juridiction civile et à toute charges ou impôts) et ses vassaux, qui fondérent en 1148 ou 1149, la commanderie de Baugy; même si, comme le laisse entendre l'acte de donation, une maison de l'Ordre possédant chapelle existait déjà sur le site.

    Ces dons sont abondants, divers et confèrent à l'établissement son assise foncière.
    Roger Bacon donne aux Templiers '« aumône » de Baugy, composée de plusieurs pièces de terres et de bois situées entre les villages de Balleroy et de Planquery.

     

    Il leur donne en outre un moulin et une partie du vivier.

    Guillaume, son frère, leur abandonne une terre à « Brichesart » (aujourd'hui: BriquessardBien du Temple à Briquessard
    , commune Livry), une « masure » à MolayBien du Temple à Molay
    avec des droits de passage pour leurs porcs et, surtout, l'église de SaonBien du Temple à Saon
    avec ses revenus.

    Les vassaux de ces deux seigneurs, suivent leur exemple et cèdent au Temple qui, trois vergées de terre, comme Jean de Magnavilla qui, un setier d'orge sur le moulin de Saon, comme Hugues de Brolio, etc...

    Quelques donations furent encore faites au début du XIIIe siècle,

    dont celle de Luce d'Aunay, dame de Balleroy, qui ajouta

    40 acres aux terres du domaine.


    Les libéralités de la noblesse envers les Templiers de Baugy avaient toutefois cessé avant 1250.

    L'inventaire dressé lors de l'arrestation révèle le caractère agro-pastoral de l'exploitation templière. L'année 1307, les Templiers de Baugy ont cultivé une superficie de 77 acres.


    Quand à la part de l'élevage, elle est alors considérable puisque:
    26 chevaux;
    30 bovins;
    280 moutons;
    108 porcs; sont dénombrés à cette occasion, sur les terres de la Commanderie.

     


    Sources: Michel Miguet, Les Templiers et Hospitaliers en Normandie. Edition du CTHS, 1995

    Maison du Temple de Baugy
    Baugy, ancienne commanderie de Templiers, est située sur le territoire de Planquery; elle fut fondée, en 1148, par Roger Bacon, seigneur du Molay; Mathilde, sa mère Geoffroy de Malherbe, Jean de Magneville, Henri de Vaubadon, Guillaume Louvel, etc.

    Après la destruction des Templiers, la commanderie de Beaugy passa à l'ordre de Malte.

    La chapelle est encore debout elle offre de l'intérêt, quoiqu'elle ait été transformée en habitation et défigurée à l'intérieur.


    Chapelle de Beaugy
    C'est une Propriété privée, on ne visite pas


    On jugera de son état actuel par le dessin suivant qui est pris du côté du Nord.

    Elle se compose de cinq travées de longues fenêtres ogivales partagées par un meneau bifurqué au sommet, s'ouvraient dans les travées une de ces fenêtres a été supprimée, du côté du Nord, par suite de la reprise du mur, et on n'en voit que quatre dans le dessin que je présente mais il y en avait cinq dans l'origine.

     

    Le côté sud est moins intéressant que le côté nord, parce c'est de ce côté

    (côté du soleil) que l'on a établi les fenêtres modernes de l'habitation.

    A l'Ouest, est une charmante porte qui indique très-bien l'âge de l'édifice; je crois qu'elle doit être attribuée à la seconde moitié du XIIIe siècle.


    Chapelle du Temple de Baugy
    Chapelle du Temple de Baugy - Sources: Dessin de M. Boudet


    Cette porte, dont voici l'esquisse, a son archivolte portée sur deux colonnettes à châpitaux du XIIIe siècle très-bien caractérisés; la courbure de l'ogive est aussi celle de ce siècle et, dans le tympan, on voit l'Agneau symbolique du Christ, entre deux rosaces parfaitement fouillées, dans lesquelles la touche du XIIIe siècle est encore évidente.


    Chapelle du Temple de Baugy
    Chapelle du Temple de Baugy - Sources: Dessin de M. Boudet


    Il ne reste plus qu'une partie des voûtes (du côté ouest) les arceaux, en pierre de taille, offrent des rosaces à leurs points de jonction.

    Un étang, qui existe toujours, baignait, du côté du Nord, les murs de la commanderie. Les bâtiments de la ferme se développent du côté du Sud ils ont été renouvelés, et ils ne m'ont rien présenté de très-ancien.

    Les commanderies étaient de grosses fermes dont la richesse consistait dans les produits agricoles et le mobilier vif; les inventaires faits, en 1307, du mobilier des commanderies de Templiers le montrent suffisamment.

    « On trouva à Beaugy 14 vaches à lait, 5 génisses de plus d'un an, 1 bouvillon, 7 veaux d'un an, 2 grands boeufs, 1 petit veau, 3 aumailles, 100 moutons, 180 brebis ou agneaux, 98 porcs ou truies, 1 truie avec 7 porcs de lait, 1 porc de plus d'un an, 8 juments de trait, 8 poulains de plus d'un an, 4 poulains de l'année, le cheval du commandeur, 1 roucin, 4 roucins pour la charrette (1). »


    1. On ne trouva ni cidre, ni bière dans les caves, mais 16 tonneaux de de vin.
    Sources: M. de Caumont, Bulletin monumental, publié sous les auspices de la Société française pour la conservation et la description des monuments historiques, tome 1, série 3, volume 21, Paris 1855

    Maison du Temple de Baugy


    C'était un des plus anciens établissements de l'Ordre du Temple, puisqu'il date de la première moitié du XIIe siècle.

     

    Il nous reste une copie de la charte qui rappelle son origine.

     

    Cette charte, datée de l'année 1148, nous montre un seigneur, du nom de Roger Bacon, faisant à Dieu et aux pauvres chevaliers du Christ,

    « pauperibus militibus Christi », l'aumône ou donation de Baugy,

     

    « eleemosinam de Bauge » comprenant, savoir: La terre au-dessus du chemin conduisant de Balleroy à Planquery, « de Balare ad Planchere »,

    jusqu'à la terre de Guillaume de Baugy;

    — Toute la terre entre le bois et la rivière de « Rihous »;
    — Le bois de Baugy, « nemus de Balge », jusqu'au Petit-Rihous et jus- qu'à la voie de Bayeux;
    — La terre et la lande, « londa », depuis la voie de Roger, fils de Foucher, jusqu'à la terre de Godefroy de Castillon;


    — La flache, « flagam », ou la mare devant la porte de la maison du Temple, avec le bois, séparé de Rihous par un fossé;


    — Sept acres de terre touchant à la lande du côté de Bayeux;
    — Dix autres acres tenant aux précédents, et qui furent donnés pour la dédicace de l'église de Baugy;


    — Le fief de Quentin le Prêtre, « Quintini Sacerdotis », le moulin, le vivier et l'île qui est entre le biez et la mère eau, « inter bedum et matrem aquam » avec l'homme qui y demeurait et ceux qui lui succéderaient;


    — Droit d'herbage dans toute la terre du donateur; droits de panage dans ses bois, de chauffage, etc.

    La même charte mentionne que Godefroy de Malesherbes, « de Mala herba », donna aux chevaliers du Temple la maison de Raoul, fils d'Yvon; et

     

    qu'un nommé Guillaume leur avait aussi fait don à Briquessard-Livry ,

    « apud Brichersart », d'un demi-acre de terre et de la masure de Molay (de nos jours Molay-Littry , « masuram de Moleto », quitte et exemple de foules charges et coutumes.

     


    1. Département: Calvados, Arrondissement: Bayeux, Canton: Caumont-l'Eventé - 14
    2. Département: Calvados, Arrondissement: Bayeux, Canton: Balleroy - 14


    Roger Bacon complète ses libéralités envers les Templiers, en leur accordant l'église de Saon, « ecclesiam de Saon (3) », avec tous ses revenus, et en amortissant les donations à eux faites, savoir: par Jean de Manneville, « de Magna villa » de trois vergées de terre; par Mahele, mère de Roger Bacon, d'une rente d'un setier de froment à prendre chaque année sur le moulin de Baye, « de Baaeio »;

     

    par Hugues du Breuil, « de Brolio », d'un setier d'orge aussi de rente sur le moulin de Saon; par Henri de Vaubadon, de deux acres de terre à Planquery et par d'autres encore, de plusieurs pièces de terre qui avaient été concédées à l'Ordre du Temple.
    3. Département: Calvados, Arrondissement: Bayeux, Canton: Trévières - 14

    Les Templiers devaient jouir de tous ces biens en toute franchise, et avec exemption de tous services séculiers et de charges quelconques.

     

    Cependant lorsque les Hospitaliers entrèrent en possession de la commanderie de Baugy, un descendant de Roger Bacon, nommé Raoul Bacon, seigneur de Molay, voulut les soumettre à certaines sujétions dont étaient tenus, disait-il, envers lui, les Templiers leurs prédécesseurs.

    Raoul prétendait avoir le droit, pour lui et son fils aîné, de venir en la maison de Baugy se faire saigner lorsqu'ils en avaient besoin,

    « en arrivant pour cela un jour devant, et séjourner le jour de leur sainniée, et eux partir landemain quand ils eussent desné. »

    Il exigeait qu'on lui remette alors les clefs des offices, et qu'on lui donnât du vin en quantité suffisante pour lui et pour ses gens. Quant à la nourriture, il voulait « mengier chair en ladite maison toutes foiz que il le plaisoit, combien que les frères de l'ostel n'en meniassent. »

    Mais ce qui était exorbitant, c'était le droit qu'il disait avoir de faire grâce, à son arrivée, aux frères qui pouvaient être en punition,

     

    « se il eust aucun des frères de ladite maison mis à la sellette pour aucun meffaict; il le pooit oster et faire seoir au dois, et lui pardonner son meffaict. »

    Il demandait aussi d'avoir toujours dans la maison de Baugy un cheval trois lévriers et un homme que les frères devaient nourrir, avec droit de faire moudre à leur moulin le grain pour « peisson » de ses chiens, et de profiter du tiers de la pêche du vivier de Montdraine.

    Enfin il voulait que « trois jours en la semaine en ladite maison, il eut un de ses varlets au disner seulement, aux despens d'icelle maison; c'est assavoir le lundi, le mercredi et le vendredi pour veoir donner l'aumosne que les genz de ladite maison dévoient donner audiz jours, c'est assavoir le pain de trois quartiers d'orge à chascun des trois jours dessus diz. »

    Les Hospitaliers refusèrent de souscrire à de pareilles exigences, et portèrent le débat pour le faire juger devant le prévôt de Paris.

    Mais sans attendre sa décision, le seigneur Raoul, cédant au conseil de plusieurs de ses amis, renonça à toutes ses prétentions, et en donna acte aux Hospitaliers le 22 juillet 1322.

    Un état des biens de la maison de Baugy en 1320, constate que leur revenu était alors de 80 livres 6 sols 6 deniers.

     

    Les terres, au nombre de cent acres, rapportaient 40 livres, à raison de huit sols l'acre (il fallait pour un acre 4 vergées, pour une vergée 40 perches, et pour une perche 22 pieds et 12 pouces).

    On voit, d'après le Livre-Vert, que le domaine de Baugy fut ravagé et ruiné par les guerres du XIVe siècle.

     

    En 1373, les terres étaient incultes depuis plusieurs années; la maison n'était plus habitée et se trouvait presque entièrement détruite.

     

    La chapelle seule restait debout et en assez bon état.

    Les bâtiments de la commanderie furent rétablis vers le milieu du XVe siècle, ainsi qu'il est constaté par le rapport de la visite prieurale de 1495 ainsi conçu:

     

    « Audit lieu de Baugy, a une chapelle fondée de N. D. du Temple, chargée de troys messes la sepmaine. »

    « Auprès de ladite chapelle est la maison du Commandeur, laquelle feist faire tout de neuf frère Perrinet Clouet, ci-devant Commandeur, avec la maison du fermier qui est en bon estat.
    En ladite maison a jurisdicion, moyenne et basse, et sur tous les hommes, fiefs et prévostés dépendant de ladite maison. »

    La maison de la commanderie se trouvait tout le long du chemin allant de Bayeux à Thorigny, à l'angle formé par un autre chemin se dirigeant vers Balleroy.

     

    Elle se composait d'un château ou maison seigneuriale, résidence du Commandeur, au milieu d'un parc de plus de trente acres de terre.

     

    Dans la cour du château, se trouvait la chapelle qui était, au siècle dernier, dédiée à sainte Avoye.

    Près du château, était la ferme; et à dix minutes de là, il y avait un moulin, appelé le Moulin du Temple ou le Moulin du Vivier, auquel tous les vassaux de la commanderie étaient tenus de faire moudre leurs grains.
    La commanderie jouissait de plusieurs dîmes à Sallen (4), à Castillon (5) et à Hottot, de nos jours, Hottot-les-Bagues (6).

     


    4. Département: Calvados, Arrondissement: Bayeux, Canton: Caumont-l'Eventé - 14
    5. Département: Calvados, Arrondissement: Bayeux, Canton: Balleroy - 14
    6. Département: Calvados, Arrondissement: Bayeux, Canton: Caumont-l'Eventé - 14


    La dîme de Salen avait été cédée en 1282 aux Templiers, par Roger Bacon, seigneur de Molay, en échange d'une rente de quinze livres que Guillaume Bacon, son père, leur avait constituée pour obtenir sa sépulture dans leur

    chapelle de Notre-Dame de Baugy, « in capella sancte Marie de Baugeio », avec l'entretien d'un chapelain qui y dirait la messe pour lui et ses parents décédés.

    Outre son chef-lieu, la commanderie comptait plusieurs membres,

     

    C'étaient:
    Une maison à Bayeux.

     


    L'ancien TempleBien du Temple à Lingevres
    de Lingevres.

    Le fief de SaonBien du Temple à Saon
    .

    Le TempleBien du Temple à Cahagnes
    de Cahagnes.

    Le fief de Semilly à Castilly.
    Et l'ancienne commanderie de CorvalBien du Temple à Corval
    .

    Sources: les commanderies du Grand-Prieuré de France - Eugène Mannier - Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)

    Maison du Temple de Baugy
    La commune de Planquery tire son étymologie de « Planches » et du celtique « Rie » habitation.

     

    On la retrouve sous le nom de Plancré, au XIIIe siècle.

    On sait que les ponts étaient très rares dans notre région, sous les romains.

    Les passages des rivières étaient formés de planches fixées sur des poteaux en bois. La Normandie recense beaucoup de lieux nommés Planches, qui répondent à une origine incontestablement romaine.

    Le passé de la paroisse fut marqué par la présence au XIIe siècle d'un illustre seigneur dans toute la région: Roger Bacon.

    Ce dernier fut seigneur du Molay et de Planquery. Il possédait d'innombrables terres dont celles de Planquery.
    Peut-être, est-ce à cet homme que l'on doit la construction de l'église. Roger Bacon en fit don au prieuré de Plessis- Grimoult. Cette donation est confirmée par Philippe d'Harcourt, évêque de Bayeux.

    Plus tard, au XVIe siècle, sera construit un château fort, à côté de l'église. De ce château tombé en ruines, vers 1780, il ne reste plus que les deux pavillons, aujourd'hui.

    Roger Bacon s'est illustré davantage lorsqu'il fonda la commanderie de Beaugy (Ce mot s'écrivait ainsi, à l'époque. Par la suite, il s'est orthographié « Baugy ») qui abrita l'ordre des Templiers.

    Cet ordre était le premier de tous les ordres religieux et militaires.

    La commanderie templière de Beaugy était une grosse ferme dont la richesse provient de ses produits agricoles, de son important mobilier vif et surtout d'un troupeau considérable pour l'époque.


    Sources: Commune de Planquery

     

    http://templiers.org.free.fr/commanderies/index.php?page=commanderies_C

     


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    Templiers.net

    France, département du Calvados, à environ 16km au sud-ouest de Bayeux et à environ 20 km au nord-est de Saint-Lô, commune de Balleroy.

     

    Château de Colombières construit par les Bacon

    Une importante commanderie de l'Ordre était implantée à Baugy, à l'est de Balleroy, sur la départementale 13 dans la commune de Planquery.

     

     

    Afficher l'image d'origine

     

    «La commanderie» a donné son nom à un hameau de cette dernière commune.

     

    Brique émaillée provenant des tombes des deux fils de Roger V Bacon

    (Robert et Guillaume, morts en bas âge

     

    Cet établissement avait été offert aux

    «Pauvres Chevaliers du Christ» en 1148 par Roger Bacon, seigneur du Molay.

     

    Armes de la famille.

     

     

    Blason ville fr Villers Bocage (Calvados)

     

    Famille de Molay Bacon

    La famille Bacon, écrit aussi Bacon du Molay ou Molay Bacon, est une ancienne famille noble de Normandie.

    Son fief originel s’étendait entre les rivières Esque et Tortonne, territoires correspondant aux communes actuelles du Molay-Littry, du Breuil-en-Bessin, de Cerisy-la-Forêt, de Planquery, deBlay, de Saint-Martin-de-Blagny dans le Bessin en Basse-Normandie1.

    De par les multiples alliances et héritages, les possessions de la famille s'étendaient au XVe siècle jusqu'à Colombières,

    Villers-Bocage, Jurques et même Caen. 

    Tout comme pour les Bertran de Briquebec, cette famille normande n'a jamais porté de nom à particule, le nom patronymique est tout simplement Bacon.

    C'est sous les Bacon que s'est développée l'industrie potière du Molay.

     

     

     

    Véritable protecteur de la confrérie, les seigneurs octroyaient des largesses aux artisans et notamment la gratuité du bois de chauffage pour leurs fours.

    Ils construisirent même à l'intention des potiers la chapelle Saint-Jean dans le canton de la Boulaye près du Breuil-en-bessin.

    Cette chapelle, encore visible au XVIIIe siècle, servait aussi de lieu de célébration de la fête patronale des potiers à la Saint Jean

     

    Membres

    • Anchetil est l'un des premiers de la lignée à être nommé dans les sources, il aumônea dès le premier établissement du Prieuré de Sainte-Barbe en Auge, en 1058, une seigneurie qui porte son nom selon les chartes du Prieuré.
    • Guillaume (I), est un baron normand, seigneur du fief du Molay.
    • Son nom est inscrit sur la liste de Falaise qui est censée recenser 315 compagnons de Guillaume le Conquérant.
    • Toutefois, cette liste a été discréditée depuis longtemps.

    • Dans son Roman de Rou, Wace écrit :
    • « Cil de Combrai et cil d'Alnée et les sires de Fontenei de Rebercil et del Molei vant demandant hérault li rei as Engleiz dient : çà entez : a est li reis ke vos serviez, ki a Guillaume est le perjurez morz
    • est s'il est trovez ».

    • Traduit en français actuel en :
    • « Le seigneur de Combray ;
    • celui d'Aulnay, les sires de Fontenay, de Rubercy et du Molay
    • couraient vers le hérault de Harold, le questionnant :
    • « Où est donc le roi que vous servez ?

     

    • Le parjure qui a manqué de foi à Guillaume ! Si nous pouvons le trouver sa mort est certaine. ».

    • Néanmoins, l'œuvre de Wace en tant que source a été depuis longtemps discréditée.
    • Toutefois, si les travaux récents Dr. Elisabeth Van Houts ont montré que les critiques faites à Wace étaient pour la plupart infondés, il reste de nombreux doutes sur son contenu.
    • Guillaume (III) est un seigneur normand.
    • Il épouse, en 1126, Mathilde de Chester descendante des ducs de Normandie, fille de Ranulph le Meschin, vicomte du Bessin et comte de Chester.

    • Mathilde apporte à Guillaume par une charte datée de Rouen :
    • « les terres de la Fresnaye-Martinèze, Couvains et Plein-Forêts, qui consistaient en hommes, hommages, revenus, églises, bois, moulins, fours, viviers, soldats, vasseaux, vilains, bordages et autres dépendances, le fief de Blagny la Quièze accru du fief de Baynes, Bernesq, Mestry, Pleines-Œuvres, Saint Martin de Caumont, Sallen, Livry, Fresnay sur Mer et Martragny ».

    • Guillaume et Mathilde ont cinq enfants connus :
    •  
    •  
    • Roger (III) (mort vers 1190), est désigné comme « chevalier, sire et châtelain du Molay, seigneur du Breuil, Saon, Blay, Couvains, Planquery,
    • Blagny la Quieze, Matragny, Vaussieu, Sévans et St-Contest ».

    • En 1148, il fonde la commanderie templière de Baugy dans son fief de Planquery.

    • Il est cité dans le rôle de l'échiquier anglais de la quatrième année d'Henri II.
    • Son nom se rencontre au bas de nombreuses chartes de ce roi, notamment d'une datée de Barfleuret d'une autre datée de Bur Roger et Emma ont deux fils connus :
    •  
      • Guillaume (IV), qui succède à son père
      • Simon, seigneur de Formigny et de Bavent, épousera en premières noces N. Tesson dame de Formigny puis Mathilde de Vassy et eux deux fils connus Guillaume seigneur de Formigny et Richard seigneur de Bavent.
      • Marie ? épousa Ranulph de Matan, qui apporta comme dot la seigneurie de Jurques.
    • Guillaume (IV) (mort vers 1212), cité en 1200, il concéda leur part de patronage de l’église de Saint-Martin de Blagny à l'Abbaye Notre Dame de Longues en la présence Guillaume Bacon de Formigny notamment.

     

    • Il est cité en 1201 comme témoin d'une charte du Comte de Chester.
    • Le 26 novembre 1203, le roi Jean lui inféoda les landes de Baynes à charge de rendre chaque année une paire d'éperons d'or.
    • Il pourrait être le Guillaume Bacon, seigneur du Molay, plusieurs fois mentionné dans le Roman de Renart.
    • D'ailleurs, c'est bien sur ses terres que gîte le renard de Pierre de Saint Cloud, l'auteur présumé du roman.
    • Marié à Clemence, il a trois enfants connus :
    •  
      • Guillaume (V), qui lui succèda
      • Eustachie ou Austachie qui épousa Pierre de Meulan, prêtre en Angleterre (diacre de Wimborne) puis seigneur de Beaumont-Le-Roger et de Brionne, fondateur de la lignée des seigneurs de Courseulles-sur-Mer et de Bricqueville, branche appelée de Courcelle-de-Saint-Paer.
      • Roger, seigneur de Planquery
    • Guillaume (V), cité en 1224 et en 1271, qui a pour fils Roger (IV), sa tombe a été retrouvée et décrite par Paul de Farcy en 1867 dans une des chambres de l'Abbaye Sainte-Marie de Longues représentant un chevalier vêtu de sa cotte de mailles et de son casque avec de chaque côté placés des petits
    • écus aux six roses.
    • L'inscription sur la tombe portait :
    • Ci-gist Monsegnor Guille Bacon, Chevalier Segnor du Molay;

     


     
    • Roger (IV) (mort vers 1300), est enterré dans le sanctuaire de l'abbaye Sainte-Marie de Longues où son épitaphe était encore visible à la fin du XVIe siècle.
    • Il a trois enfants connus :
      • Son fils et successeur Roger (V)
    •  
      • Guillaume, seigneur de Blay qui finira exécuté à Paris pour acte de rébellion contre le roi (il prit le parti des Tancarville contre les Bertrand, favoris du Roi de France, pour la main de sa nièce Jeanne,
      • héritière de la Maison Bacon).
    •  
      • Jean, qui sera doyen de Lisieux
      • Jeanne, mariée avec Foulques I de La Champagne, seigneur de la Champagne à Plomb , sgr d'Apilly, Saint-Loup, la Gogannière,
      • Saint-Senier, Saint-Brice, décédée en 1328.
    • Roger (V), son autorité s'étendait sur un territoire recouvrant les communes actuelles du Molay Littry, du Breuil, de Blay, de Castillon, de Planquery, de Saon, de Colombières, de la Bazoque.
    • À sa mort vers 1340, n'ayant point d'héritier mâle (ses deux fils étant décédés en bas âge), se déclencha une véritable guerre civile dans l'ouest de la Normandie afin de récupérer la main de son unique fille Jeanne Bacon et son riche héritage.
    • Jeanne Bacon est la fille de Roger (V), est née du second mariage entre Roger V Bacon et Eleonore de Villiers (ou deVillers-Bocage).
    • Elle eut un demi-frère Robert, mort en bas-âge, né du premier mariage de
    • Roger avec Aelis d'Asnières, son autre frère Guillaume né du second mariage de Roger, est lui aussi mort en bas âge (la plaque funéraire des deux fils de
    • Roger Bacon est d'ailleurs visible sur l'un des murs extérieurs de l'église
    • du Breuil-en-Bessin).
    • Elle est l'unique héritière du fief de la famille Molay Bacon. Deux grandes familles se disputent alors la main de Jeanne, les Bertran(d) de Briquebec et les d'Harcourt.

    • Jeanne épouse en premières noces en 1340, Guillaume Bertran(d), Vicomte de Rocheville, second fils de Robert VIII Bertrand de Bricquebec et de Laurence du Merle (sœur du maréchal Foulques du Merle).

     

    • Son époux meurt au cours de la bataille de Mauron en Bretagne le 14 août 1352.

    • En secondes noces, elle épouse Jean Ier de Luxembourg-Ligny († 1364), fils de Waléran II de Luxembourg-Ligny, seigneur de Ligny-en-Barrois, de Roussy et de La Roche.

    • Jeanne fonde de son propre chef le 1er août 1366, le prieuré hospitalier de Sainte-Élisabeth à Villers-Bocage.
    • Dans cet endroit seront reçus et soignés les pauvres, les passants, les femmes enceintes et les orphelins jusqu’à l’âge de sept ans.
    • Pour commémorer cet acte de bienfaisance, une rue de la ville de Villers Bocage porte encore son nom aujourd'hui.

    • Jeanne décède en 1376 et est inhumée dans l'abbaye de Saint-Évroult dans l'actuel département de l'Orne.
    • N'ayant point d'enfant, la lignée directe des Molay Bacon s'éteint et l'héritage de la maison de Molay est dispersé entre les descendants indirects de la famille

     

    Les domaines de la commanderie s'étendaient dans les vicomtés de Vire et de Bayeux, et comprenaient notamment

    le hameau du temple, dans la communes de Cahagnes.

    De l'ancienne commanderie de Baugy, il subsiste une partie de la chapelle, ainsi que les fondations du manoir seigneurial.

    Cette chapelle Notre-Dame-du-Temple, quelque peu abîmée, était à l'origine composée de cinq travées.

    C'était un édifice sobre et austère, du XIIIème siècle.

     

    Flanqué de contrefort massifs, il ne manquait cependant pas d'une certaine élégance dans sa simplicité.

    A l'ouest s'ouvrait une porte du XIIIème siècle, à triple voussure, dont l'archivolte était supportée par quatre colonnettes, aux chapiteaux sculptés.

    Dans le tympan, on peut voir l'agneau du christ, surmonté d'une croix.

    Symbole de résurrection, cet agneau était l'image même du christ se sacrifiant pour le salut des hommes.

     

    On peut aussi trouver dans l'église de Baugy le gisant du frère Richard d'Harcourt (XIIème siècle) représentant l'effigie mutilée du défunt.

     

    Celui-ci, les mains jointes, la tète posée sur un coussin, est revêtu d'une cotte de mailles que recouvre la longue robe blanche des Templiers, sans manches.

    Il porte un bouclier de la fin du XIIème siècle, à la pointe aiguë, frappé de son blason "de gueules à deux faces d'or".

    Nous avons des renseignements assez précis sur la commanderie de Baugy grâce à l'inventaire qui fut dressé par Jean de Verretot, Bailli de Caen, le 13 octobre 1307, jour de l'arrestation des Templiers par Philippe le Bel.

    Le commissaire du roi y dénombra :

    180 moutons, 14 vaches à lait, 8 veaux et 3 taureaux, 3 génisses, 2 boeufs de labour, 98 porcs, 1 truie et ses 8 pourceaux, 8 juments, 8 poulains, le cheval du commandeurs et 5 chevaux de labour.

     

    De nombreux serviteurs, 25 personnes en tout, étaient attachés à cette maison du Temple:

    6 laboureurs, 3 servants de laiterie (pour fabriquer le beurre et le fromage), 1 berger, 1 vacher, 1 valet au service du commandeur, etc...

     


    pour une bibliographie plus complète...Bibliographie

    1. "Sur les Pas des Templiers en Bretagne, Normandie et Pays de Loire"
      M. Dumontier, N. Villeroux, G. Bernage T. Barreau; Editions Henry Vernier 1986
       
      sources : http://www.templiers.org/baugy.php
       
      photos google
    2. Sources D.R.

    http://dona-rodrigue.eklablog.net/les-templiers-la-commanderie-de-baugy-

    calvados-a15400254

     

     

     

     


    2 commentaires
  • guillaume le conquerant 2

     

    On ne doit pas commenter une décision de justice?

    Ah bon?

    Et bien moi si ! je vais commenter et critiquer même !!!

     

    Une décision de justice a été rendue récemment à propos de la "rénovation" en laideur dont a été victime le Château de Falaise, témoin de la naissance de Guillaume le Conquérant et capitale un temps de Normandie (sous le duc Robert).

     

    Le malaise, l'objet du délit ? :

    un beau jour, un architecte débarqua, un obscur architecte des monuments nationaux,

    qui non seulement ni connaissait rien en Normandie, ni en patrimoine historique normand, mais en plus il crut qu'il pouvait faire selon son bon plaisir, selon ses fantasmes, selon son nihilisme dégoutant et répugnant !

     

    2012 Normandie 031 (Small)

     

    Trois associations falaisiennes, normandes et aimant le patrimoine avaient donc combattu en justice, le gain n'est pas total puisque les outrages fait à l'auguste Chateau ne seront pas détruits :

    Les prévenus saccageurs n'ont écopé que d'une amende.

     

    chateau de falaise

     

    Nous ne pouvons pas féliciter la justice d'avoir ignorer complètement le dommage esthétique, et même historique de ce vandalisme d'Etat !

     

    Nous remercions les trois associations normandes pour leur courage et tenacité.

     

    Comment éduquer des jeunes, leur apprendre l'histoire en Normandie, si on défigure les témoins, des traces permettant d'expliquer l'art et la construction défensive à ces époques?

     

    Yuca de Taillefer.

     

    D'ailleurs dans le magazine Archéologia, dans son numéro 334 de mai 1997, publiait un encadré intitulé :

     

    « le château de Falaise défiguré»

     

    L’architecte des Monuments Historiques en charge du projet de restauration depuis 1993, ne concevait pas sa tâche comme un simple devoir de préservation, encore moins de restitution, mais plutôt comme la nécessité de marier l’architecture d’un monument médiéval pluriséculaire aux canons en vigueur et surtout… à sa propre sensibilité…

     

    Le résultat est pour le moins saisissant…

     

     

    A coups redoublés de béton armé, de toile pour les couvertures, sans même aborder le chapitre des restructurations intérieures, le château fut ainsi « réinseré » dans le XXe siècle dont il avait sans doute le mauvais goût de ne pas émaner.

     Falaise-le-chateau-de-guillaume-le-conquerant.jpg

     

        


    1066 : Guillaume le Conquérant par LeLombard

     

     

     

    Pourquoi mettre des liens inexistants... pourquoi dire que le combat fut difficile... tout simplement parce qu'il y a eu d'énormes pressions tant médiatiques que politiques pour taire au maximum cette "affaire".

     

    Pourquoi ?? Dans quel but ??

     

    Les aménageurs venus d'on ne sait où ne feraient pas toujours du bon boulot??

    Ou peut-être tout bêtement que ce château est très, trop "normand"? ....

     

     

     2012 Normandie 031 (Small)

     

    Le site de France 3 avait également fait un article sur internet (mais l'article n'est plus en ligne... mais il a été récupéré : le voici :

     

    (il était à l'adresse : www.normandie.france3.fr/info/16017600-fr.php france3 conserve des archives.. alors.. pourquoi  ??).

     

    Epilogue du procès du château de Falaise

     

    L'architecte de la rénovation condamné pour faute technique pour son "blockhaus" en béton

     

    Un procès frustrant pour les 3 associations qui avaient porté plainte

    il y a 9 ans contre la "rénovation" .

      La haute cour a été restaurée au début des années 2000 (Photo : Slim Hanachi. Ville de Falaise).

     Le tribunal correctionnel a retenu l'infraction technique, mais pas le dommage esthétique.

      

    Marc SADOUNI et Thierry LEPREVOSTPublié le 25/11 à

     2012 Normandie 031 (Small)

     

    Le coeur du litige n'a jamais été purement technique, ni administratif. En attaquant les représentants de l'état, les associations entendaient d'abord fustiger le parti-pris architectural de l'aménagement du donjon, auquel ils refusaient le nom de restauration.

     

     

    Bruno Decaris, architecte en chef des monuments historiques et maître d'oeuvre de la restauration et de la modification à partir de 1995 du château, a été condamné à verser une amende de 3.000 euros.

     

    Elisabeth Gautier, ex-directrice régionale des Affaires culturelles de Basse-Normandie, a été condamnée à verser une amende de 2.000 euros avec sursis.

     

    La justice leur reproche d'avoir autorisé et exécuté les travaux de restauration et de modification sur le château sans certaines autorisations administratives.

     

    Le tribunal a dispensé les deux prévenus d'une inscription de leurs peines au casier judiciaire, au vu de leurs fonctions dans la fonction publique et en l'absence d'antécédents.

     

    La verrue en béton continuera à défigurer pour longtemps le château où Guillaume le Conquérant vit le jour, édifié au 12ème siècle.

     

    sources D.R.

     

     

     

     2012 Normandie 031 (Small)

     

    préfabriqué posé sur ce site FEODAL ?

     

     2012 Normandie 031 (Small)

     

     
     
    Falaise au XVIe sciècle : gravure de Trolonge (XIXe s.)
    d'après une estampe du XVIe sciècle.
     
      
      
    Le site de Falaise, implanté en bordure des premiers contreforts du massif armoricain, est occupé par l’homme depuis au moins le Mésolithique (vers 7 000 av. J.-C).
      
    Différents types d’habitats se succèdent au cours des siècles, et il semble qu’à l’époque carolingienne, si l’on en croit d’illustres historiens dont Michel de Bouärd, il existe déjà une fortification sur le rocher.
     
    Tirant profit de cette protection, la ville se développe sur l’éperon rocheux formé par les deux vallées de l’Ante et du Marescot. Suit, au début du Xe siècle, la victoire obtenue par Rollon le viking sur le roi de France ; en acceptant de devenir chrétien, il négocie un large territoire au nord de la Seine au cœur duquel se trouve Falaise qui devient l’une des premières cités de Normandie.
      
    Dans ce nouveau paysage politique, la ville et le château vont sensiblement se développer et se transformer.

    Vers l’an mil, la forteresse ducale est particulièrement efficace et protège un vaste domaine.

    Construit sur le modèle des mottes fortifiées, le château est alors protégé par une solide enceinte entourant la basse-cour et est, sur la pointe, dominée par un donjon dont les bases au moins sont maçonnées.

     

    Lieu de pouvoir des nouveaux maîtres du pays, la ville est le lieu de naissance du plus célèbre d’entre eux, Guillaume le Conquérant, futur roi d’Angleterre.

    A cette époque, c’est une cité prospère qui compte sans doute 3000 ou 4000 personnes.

     

    Il ne reste aujourd’hui que de faibles traces du donjon de Guillaume et c’est à Henry Ier “ Beauclerc”, son dernier fils, que nous devons la construction du plus ancien des bâtiments qui constitue aujourd’hui la place forte de la haute cour (1123).

     

     

      Les fouilles 1996

      

      

    Devenu roi d’Angleterre, il s’inspire très directement des forteresses anglaises pour rénover le château familial: il en reproduit le plan carré, avec la partition par étage, l’aménagement d’espaces intérieurs voués à la résidence du seigneur et l’accès bien défendu par un escalier menant à l’étage et protégé par un avant-corps.

      

    Le grand donjon de Falaise est une forteresse typiquement anglo-normande. Henri Ier œuvre également beaucoup pour la ville, et y fait construire de nombreux bâtiments.

    A sa mort, de nouveaux conflits secouent le royaume anglo-normand pendant vingt ans. Mathilde sa fille et Etienne de Blois son neveu disparaissent à leur tour, et c’est Henry II Plantagenêt, le fils de Mathilde qui hérite du double titre de duc et de roi.

      

    Son union avec Aliénor d’Aquitaine le place à la tête d’un vaste domaine qui comprend : en France, la Normandie, l’Anjou, l’Aquitaine, le Limousin ; en Grande Bretagne, l’Angleterre.Il exerce aussi un étroit contrôle sur le Pays de Galles et l’Ecosse. Nous sommes en 1154 : jamais le royaume anglo-normand, qu’on appelle aussi l’empire Plantagenêt, n’a été aussi fort.

     

    Ce territoire va nécessairement susciter la convoitise du roi de France, dont le propre domaine est bien moindre… A cette même période, le château de Falaise s’agrandit du “ Petit Donjon ”. Il protège le front ouest de la forteresse et il est aménagé en résidence.

    A la fin du XIIe siècle, le roi de France Philippe-Auguste s’oppose fréquemment aux ducs normands : Henry II tout d’abord, puis ses fils, Richard Cœur de Lion et Jean sans Terre : c’est contre ce dernier qu’il obtiendra une victoire décisive : la Normandie devient française.

    En 1204, l’annexion du duché Normand au royaume de France met donc fin à la saga des ducs. Le nouveau maître de Normandie a besoin d’appuis locaux : il se montre très conciliant avec les falaisiens et reconstruit nombre de bâtiments détruits pendant le siège. Le troisiéme des donjons du château, voit le jour : c’est une tour de défense cylindrique, plus adaptée au siège et qui, haute de 30 mètres, symbolise son pouvoir.

     

    Dans l’enceinte, Philippe-Auguste aménage un châtelet qui remplace l’ancienne tour-porte qui mène aux donjons.

    Il flanque les remparts de tours nouvelles ou transforme celles qui existent et fait construire un logis vicomtal le long du rempart nord .

    Aux guerres du XIIe siècle, succèdent de longues années de paix en France. Le XIVe siècle est quant à lui catastrophique : les rois capétiens grèvent lourdement le peuple français ; des famines puis la peste s’abattent sur le royaume. La guerre de cent ans débute en 1337.

    Avant l’occupation anglaise , Il n’est pas sûr que Falaise ait été sévèrement touché par la guerre : les témoignages qui subsistent donnent l’idée d’une réelle prospérité.

    A cette époque, les étangs qui bordent les remparts du château au sud sont aménagés en viviers ; Au cœur de l’enceinte, un puits profond alimente la communauté en eau potable. Il est au centre d’un complexe résidentiel important, implanté sur le front sud de l’enceinte. Ces bâtiments ont aujourd’hui disparu : l’étude des documents d’archives permet de les imaginer ; mais leur situation précise ne pourra être donnée qu’après une vaste campagne de fouilles.

     

    L’occupation anglaise en Normandie, qui débute en 1418 relance un lourd programme de restaurations et d’aménagements militaires dans l’enceinte, ainsi que la construction de salles attribuées aux nouveaux administrateurs de la ville et de la vicomté. Quinze tours de flanquement protègent les remparts du château.

     

    On aménage des ouvertures adaptées aux nouvelles techniques de combat, des canonnières.

    Le XVIe siècle est durement marqué par les guerres de religion et le déclin des établissements religieux. Le couronnement de Henri IV, roi de France protestant, va provoquer de sérieux conflits en Normandie. La ville de Falaise, particulièrement hostile au nouveau roi, subit donc un siège sévère conduit par le monarque lui-même : En janvier 1590, les armées royales détruisent le rempart Ouest de l’enceinte castrale « par 400 coups de canon » et pénètrent dans le château : les marécages qui entourent le château et les vieux murs n’ont aucune efficacité devant les tirs modernes de l’artillerie.

     

     

    Quelques jours après, le gouverneur de Falaise se rend; en même temps que le rôle militaire du château disparaît.

     

    Le déclin amorcé se confirme, les bâtiments se dégradent. Les XVII et XVIIIes siècles, sont ceux d’un développement général de l’économie de la ville.

     

    De beaux hôtels particuliers sont construits, ainsi que l’actuel hôtel de ville.

    Les portes de l’enceinte urbaine, symboles des défenses médiévales, sont rasées : on perce de nouvelles routes : on aménage de nouveaux espaces urbains.

    Avant la Révolution Française, Falaise compte 15000 habitants.

    Au XVIIIe siècle, on procède à d’importants travaux.

    Les fossés sont progressivement comblés.

     

    le plan du château de Falaise par VIOLET LEDUC

     

     


     

    Une vaste enceinte irrégulière flanquée d'une quinzaine de tours délimite une gigantesque basse-cour autrefois occupée par des bâtiments résidentiels, des communs et des jardins. Les tours ont une forme cylindrique ou hémicylindrique. Certaines sont probablement l'œuvre des ducs-rois Plantagenêts dans la seconde partie du XIIe siècle, les autres celle de Philippe Auguste après 1204. Ces dernières sont en général reconnaissables à leur base pleine amplement talutée.

    Dans l'angle nord-ouest, sur une éminence rocheuse, trône un ensemble architectural colossal des XIIe-XIIIe siècles. Il est composé de trois parties distinctes :

    1/ Le grand donjon quadrangulaire à contreforts plats, érigé par Henri Beauclerc en 1123 et conservé sur deux niveaux. Son plan au sol occupe 26,60 mètres sur 22,80 mètres. L'épaisseur des murailles oscille entre 3,15 et 3,50 mètres. Le rez-de-chaussée servait comme bien souvent de cave à provisions avec des murs aveugles. On pénétrait dans le bâtiment par une porte située au premier étage. On y trouvait à l'origine l' " aula " (la grande salle commune), deux autres pièces peut-être à destination résidentielle (chambre et antichambre comme le suggère Jean Mesqui ?), et la " capella " (la chapelle castrale), cette dernière étant logée dans une légère excroissance de la façade sud. L'espace intérieur était éclairé par des baies géminées. Il manque à ce donjon son couronnement et son second étage qui abritait sans doute l'essentiel de la " camera " (les appartements seigneuriaux). Les différents degrés sont desservis par des escaliers à vis ou en rampes droites aménagés, comme à Loches, dans les murailles. Une restauration tragique effectuée récemment a cependant considérablement altéré la structure de l'édifice.

    2/ Un peu plus tard fut adjoint au grand donjon un second ouvrage rectangulaire de dimensions plus modestes et désigné sous le nom de " petit donjon ". Il forme à l'ouest une sorte d'excroissance. Le cas n'est pas isolé : on retrouve une disposition similaire un siècle plus tôt à Loches (Indre-et-Loire) et peut-être Langeais (Indre-et-Loire).

    3/ Les ingénieurs de Philippe Auguste renforcèrent ce corps préexistant par une tour circulaire appelée " Tour Talbot ", en souvenir du grand capitaine anglais de la Guerre de Cent Ans. Elle mesure actuellement 30 mètres de haut pour un diamètre de 15 mètres. L'épaisseur de ses murs atteint 4 mètres et son diamètre intérieur est donc de 7 mètres. Elle possède 6 étages voûtés en pierre et planchéiés alternativement. On y pénètre par le deuxième niveau qui communique avec le Petit Donjon. Sa base est légèrement fruitée. La tour était autrefois sans doute hourdée, mais fut pourvue de mâchicoulis sur consoles au XIVe ou au XVe siècle comme l'atteste une lithographie du XVIIIe ou XIXe siècle. Le couronnement actuel fut recréé au XIXe siècle.

    Nos contemporains fustigent volontiers - souvent sans être en mesure de réellement argumenter - les restaurations jugées abusives effectuées en France, surtout entre 1800 et 1900. Eugène Viollet le Duc est généralement l'une des cibles privilégiées. Marcel Proust évoquait déjà les " déjections " de l'architecte parisien. Notre temps a " heureusement " mis bon ordre à tout cela.

    Le magazine Archéologia, dans son numéro 334 de mai 1997, publiait un encadré intitulé : " le château de Falaise défiguré ". L'architecte en charge du projet de restauration depuis 1993 ne concevait pas sa tâche comme un simple devoir de préservation, encore moins de restitution, mais plutôt comme la nécessité de marier l'architecture d'un monument médiéval pluriséculaire aux canons en vigueur. Le résultat est pour le moins saisissant. A coups redoublés de béton armé, de toile pour les couvertures, le château fut ainsi " réinséré " dans le XXe siècle dont il avait sans doute le mauvais goût de ne pas émaner. Cette réalisation hors norme pose la question essentielle des modalités de préservation de notre patrimoine. Cristallisation des ruines, restitution ou adaptation à l'inspiration des goûts actuels ?


     

    Les toitures des donjons s’effondrent et disparaissent, il est envisagé de les faire raser : mais le coût des travaux est si élevé qu’on y renonce.

     

    En 1790, on destine le bâtimen à des fonctions administratives, on élève des arcades classiques dans le vestibule du logis et c’est un collège qui est construit. La chapelle castrale est partiellement détruite.

    Les donjons sont abandonnés.

    Ce ne sera qu’en 1840 que dans l’esprit d’une reconnaissance générale des monuments anciens – et par la volonté du premier ministre « des Beaux Arts », Prosper Mérimée, -on classe le château. Grâce à cette première restauration, on sauve les murs du château.

    Le Château de Falaise en 1900

     

    Mais la dernière guerre et les dommages du temps nécessitent de nouveaux travaux C’est pourquoi, vers 1980, l’Etat et la Ville de Falaise –propriétaire – montent un vaste programme de restauration des donjons : elle durera dix ans (1986-1996).

     

    Depuis 1996, on a créé un bâtiment d’accueil et restauré la Haute-Cour.

     

     

      Restauration bétonnée devant un Chateau féodal de

    Guillaume Le CONQUERANT, à Falaise.

    Il faut maintenant entamer les travaux de restauration de l’enceinte castrale.

    Résidence ducale, résidence royale, symbole du pouvoir politique central pendant de longs siècles, le château a subi ensuite une longue descente vers l’oubli.

     

    Aujourd’hui, il renaît pour le plaisir et la mémoire des visiteurs.

     

     

     

    SOURCES  - D.R. blog article

    http://dona-rodrigue.eklablog.net/restauration-du-chateau-de-falaise-a108024874

     

     


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    Le château de Falaise, également appelé Château de Guillaume-le-Conquérant, se situe sur un éperon rocheux au dessus de la ville de Falaise.

     

    Les origines du château remontent au Xe siècle, ce qui en feraient l'un des premiers châteaux normand construits en pierre.

    La construction du château débute au XIIe siècle. A cette époque, Henri Ier Beauclerc4, quatrième fils de Guillaume le Conquérant, érige un donjon de plan-quadrangulaire faisant également office de palais.

    Il semble que très rapidement, sous le règne d'Henri II Plantagenêt un nouveau donjon est érigé.

     

    Le monarque qui est passé par ` le château en 1159 avec son épouse Aliénor d'Aquitaine et sa cour, fait grandir les appartements d'habitation.


    Après la reconquête du duché de Normandie au début du XIIIe siècle, Philippe-II-Auguste fait ériger une troisième tour de plan circulaire pour acroitre les capacités défensives du château.


    Le château tombe progressivement dans l'oubli et est abandonné au XVIIe siècle. Il est classé monument historique en 1840. Victor Ruprich-Robert un disciple de Viollet-le-Duc, procède alors à de profondes restaurations et sauve l'édifice de la ruine.

     

    Pendant la seconde guerre mondiale, le château n'est quasiment pas touché par les bombardements de la poche de Falaise.

     

    Plus proche de nous, de 1987 à 1997, le château fait l'objet d'une grande campagne de restauration menée par Bruno Decaris, architecte en chef des monuments historiques du Calvados.

     

    Pendant ces travaux, il mena la reconstruction de l'avant-corps du grand donjon sur les fondations existantes. Utilisant du béton armé verni et de l'acier, ces travaux furent très controversés

    mais en accord avec la charte de Venise.

     

    Elle favorise la différenciation entre construction d'époque et reconstruction moderne.


    Musique : Gothic Novels


     

     

     


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    Pendant environ soixante-dix ans, les Vikings assaillent les côtes de la Manche et les rives de la Seine.

     

    Malgré leur faible nombre, ces envahisseurs bousculent la défense franque et réussissent à s’installer dans la région qui deviendra la Normandie, la seule implantation durable des Scandinaves dans le royaume de France.

     

    En 911, leur chef Rollon devient comte de Rouen.

     

    Quels sont les secrets de ce succès ?

      

    - Après une première tentative avortée en l’an 820, une flotte viking s’engage dans l’estuaire de la Seine le 12 mai 841. Comment se déroule ce premier raid en Normandie ?


    - Les moines de Fontenelle ont succinctement relaté l’événement dans leurs annales. Le 12 mai, les Vikings entrent dans l’estuaire de la Seine ; le 14 ils sont à Rouen qu’ils mettent à sac pendant deux jours.

     

    La ville est finalement incendiée. Les moines de l’abbaye Saint-Ouen ont juste le temps de s’enfuir avec les reliques de leurs saints.

     

    Les envahisseurs ne s’enfoncent pas plus loin dans le royaume et préfèrent redescendre le fleuve.

     

    Au passage, l’abbaye de Jumièges est pillée tandis que sa voisine, Fontenelle, obtient d’être épargnée contre le paiement de six livres d’or par la communauté monastique.

     

    Puis une délégation de moines de Saint-Denis rencontre les envahisseurs et négocie le rachat de 68 captifs. A la fin du mois, les Vikings ont regagné la mer.

     

      

     

      

    Reconstitution d'un bateau viking au Puy du Fou (Ludo29880 sur Flickr)

     

     Afficher l'image d'origine

      

    - Quelles motivations guidaient les Vikings à s’aventurer si loin de leur pays ?
     

    - Les raisons sont multiples. Régis Boyer, spécialiste des civilisations nordiques, met en avant l’appât du gain. Les Vikings razzient l’or, l’argent et les esclaves qu’ils comptent rapporter en Scandinavie.

     

    C’est pourquoi ils attaquent de préférence les monastères et les places marchandes. Les assaillants trouvent un contexte favorable à leurs opérations : les villes – ne parlons pas des abbayes – sont mal défendues et le roi Charles le Chauve, petit-fils de Charlemagne, doit faire face à de multiples dangers.

     

    Les Bretons poussent à l’ouest, l’Aquitaine menace de faire sécession tandis que l’aristocratie revendique de nouveaux pouvoirs.

     

    - Les Vikings qui assaillent la Normandie viennent principalement du Danemark. La situation politique de ce pays favorise aussi les expéditions vers l’Occident…

      

    - A cette époque, au IXe siècle, le Danemark a un roi mais, pour autant, ce n’est pas un véritable royaume. Les clans de l’élite guerrière s’affrontent pour accéder au trône ou pour dominer leurs voisins.

     

    Cette compétition oblige de nombreux aristocrates scandinaves à monter des expéditions en Occident pour démontrer leur bravoure, pour prouver leur capacité de commandement et pour s’enrichir.

     

    Autant d’atouts indispensables pour ensuite conquérir le pouvoir au Danemark.

      

    - Quelles tactiques emploient les Vikings pour réussir leurs opérations de pillage ? On a souvent parlé de l’effet de surprise.
     

      

    - Oui, cela peut être une explication, surtout dans les premiers temps, lorsque les Vikings pratiquent des raids brefs pendant la belle saison et repartent en Scandinavie une fois leurs bateaux chargés de butin.

     

    Cependant, quand ils remontent les fleuves, se mettent à assiéger plusieurs jours les villes et à hiverner sur des îles de la Seine – nous savons qu’ils montèrent des camps au niveau de Jeufosse et d’Oissel -, l’effet de surprise disparaît. Par contre, reste la peur.

     

    Les envahisseurs osent s’en prendre aux choses les plus sacrées (église et clercs), provoquant l’effroi des autochtones. A tel point qu’au bout d’une dizaine d’années, ils n’ont plus besoin de piller.

     

    Les monastères, les villes et même le roi consentent à leur verser des tributs pour leur départ, les danegelds.

      

     Abbaye de Jumièges

     

      

    Les Vikings incendièrent à plusieurs reprises l'abbaye de Jumièges. Les murs de l'église saint-Pierre conserveraient sur ses murs des traces de combustion rappelant cette époque troublée (source : Ho Vista Nina Volare sur Flickr).

      

     

     

     

    - Parmi les mesures défensives, le roi Charles le Chauve édifie le pont fortifié de Pîtres, à hauteur de la ville actuelle de Pont-de-l’Arche. En quoi consiste cet ouvrage ? Est-il efficace ?


    - Installé au-dessus de la Seine, le pont de Pîtres a pour rôle de bloquer toute remontée de flotte ennemie en amont de Rouen. Aux extrémités du pont, un châtelet défend chaque entrée. D’après l’archéologue Jacques Le Maho, les travaux commencent en 862 mais sont retardées par de nouvelles expéditions vikings.

     

    Le pont est terminé vers 873. Il semble produire des effets puisque dans la décennie suivante, les Scandinaves ne remontent plus la vallée de la Seine. L’Angleterre devient leur nouvelle cible.

     

    Mais à partir de 884, les sources n’évoquent plus le pont de Pîtres et l’année suivante, une immense flotte viking menée par le chef Sigfrid – environ 700 navires – remonte la Seine et entreprend le siège de Paris, preuve que l’ouvrage fortifié n’a pas constitué un obstacle suffisant.

     

    - Comment expliquer finalement l’échec de la défense franque ? Les Vikings ne sont pas mieux armés que leurs adversaires ; ils ne sont pas plus nombreux !


    - Les Carolingiens paient notamment leurs absence de flotte.

     

    Les Vikings naviguent impunément sur les mers et les fleuves.

     

    L’armée carolingienne, longue à mobiliser, échoue face à des adversaires plus mobiles qu’elle.

     

    En cas de danger, les Vikings se replient dans leur bateaux. Ils n’étaient pas poursuivis.

     

     

    L’impuissance du roi Charles le Chauve apparaît au grand jour quand il est contraint de payer des Vikings pour chasser d’autres Vikings qui campent sur l’île d’Oscellus. Wéland et sa bande reçoit ainsi 5 000 livres des Francs. Aussitôt payé, ils entreprennent en 861 le blocus de l’île d’ Oscellus.

     

    Au début de l’hiver, les Vikings assiégés se rendent ; Wéland leur accorde la vie sauve et l’hivernage dans la basse-Seine en contrepartie de 6000 livres.

     

    Le mercenaire scandinave a fait fortune.

     

    - Après une période d’accalmie, les invasions scandinaves reprennent dans la région à partir de 885. Comment le roi carolingien Charles le Simple résout ce problème récurrent ?


    - Il traite avec le chef viking Rollon. Nous ne savons rien de certain sur ce personnage ; l’historiographie place son arrivée en Normandie en l’an 876. A force de multiplier les raids, sa bande de Vikings n’arrive probablement plus à soutirer beaucoup d’argent d’une région épuisée par les pillages et les tributs. Rollon commence donc à exploiter directement le pays, à le coloniser et à le contrôler.

     

    Incapable de s’en débarrasser, Charles le Simple décide de s’en faire un allié. Il lui abandonne tout le pays entre l’Epte et la Manche, dont Rouen.

     

    En échange, Rollon doit accepter de se convertir au christianisme et de protéger le royaume contre de nouveaux envahisseurs.

     

     

    C’est le traité de Saint-Clair-sur-Epte, conclu en 911.

     

    Cet accord s’avère un bon coup politique, car Charles le Simple aura la paix jusqu’à la fin de son règne, du moins du côté normand.

     

    - Ce traité marque la naissance de la Normandie…


    - Oui, car le territoire cédé à Rollon et peuplé par ses compatriotes nordiques, prendra le nom de Normandie, « le pays des Normands », c’est-à-dire des hommes du Nord.

     

     

    - Quel est l’état de la Normandie quand Rollon accepte le traité de Saint-Clair-sur-Epte ?


    - Les premiers historiens normands, notamment Dudon de Saint-Quentin, ont répandu l’image d’une région désertée suite aux raids vikings.

     

    Aujourd’hui l’historiographie se montre plus mesurée.

     

    Oui, la future Normandie fut durement éprouvée, oui les élites et les communautés monastiques ont fui mais aucune ville n’a disparu, l’archéologie rurale n’a pas mis en évidence une rupture brutale dans l’occupation du sol pendant cette période troublée.

     

    - L’archéologie a retrouvé peu de témoignages matérielles d’une présence viking en Normandie. Des dragages dans la Seine ont juste permis de retrouver quelques armes.

     

    Où sont les traces de l’empreinte nordique ?

     

    - L’héritage le plus notable se situe dans la toponymie. Regardez combien de noms de lieux qui, en Cotentin, dans la Plaine de Caen, en Roumois ou en pays de Caux, trahissent une origine scandinave. Ce sont notamment tous ces toponymes qui se terminent par -tot, par -fleur, ou

     

    par -beuf : HonfleurHarfleurBarfleurQuillebeufElbeufYvetot… Il y a en a des centaines parmi les hameaux, les villages et les villes de Normandie.

      

     

    Honfleur. Son nom, composé des mots norrois horn et floth, signifierait « l'embouchure du tournant ».

      

    Le port d'Honfleur

     

      

    - Ce sont les preuves d’une colonisation viking ?


    - Oui avec cette réserve qu’un toponyme viking ne signifie pas obligatoirement un peuplement viking.

     

    Il peut simplement désigner un village peuplé d’autochtones, mais rebaptisé parce que le chef est scandinave.

    A la suite de Lucien Musset, les historiens considèrent que les envahisseurs étaient peu nombreux, peut-être quelques dizaines de milliers.

      

    - Les Vikings ont aussi laissé leur empreinte dans la langue…

    - C’est à relativiser. Environ deux cents mots vikings sont passés dans le patois normand et une infime minorité se retrouve aujourd’hui dans le français.

     

    Ce vocabulaire tourne généralement autour de la mer et sert à décrire les littoraux, les éléments d’un bateau, ou l’activité de pêche… Saviez-vous que bâbord, tribord, quille, hublot sortent de la bouche des Scandinaves ?

     

    - En fin de compte, l’héritage viking s’avère modeste. C’est assez paradoxal car les Scandinaves sont tout de même à l’origine du duché de Normandie.

    - Oui, c’est un paradoxe. Mais il s’explique facilement. Les Vikings qui se sont installés en Normandie ont fait le choix de l’intégration.

     

    Ils se sont convertis au christianisme, ont épousé les autochtones, ont abandonné leur langue et ont repris le cadre administratif et judiciaire carolingien. Un siècle après leur installation, leur originalité s’était diluée.

      

      

    A lire

    • Pierre Bauduin, « Des raids scandinaves à l’établissement de la principauté de Rouen » in Elisabeth Deniaux, Claude Lorren, Pierre Bauduin, Thomas Jarry, La Normandie avant les Normands de la conquête romaine à l’arrivée des VikingsCaen Ouest-France, 2002
    • « Les Vikings en France », Dossiers d’Archéologie, n°277, octobre 2002
    • Jean Renaud, Les Vikings en France, Ouest-France, 2000
    • Vincent Carpentier, « Les Vikings en Normandie», Dossiers d’Archéologie, n°344, mars 2011

      

    SOURCES :

      

    HISTOIRE de la NORMANDIE - article écrit Par Laurent Ridel

     

    BELLES PHOTOGRAPHIES

    du BLOG DVELEC

    http://www.dvelec.com/rollon-le-traite-de-saint-clair-sur-epte-part-2.html  

      

    http://www.histoire-normandie.fr/les-invasions-vikings

    photos ajoutées google

     

      

     


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