• Le MONDE AGRICOLE

     

     

    Le MONDE AGRICOLE, souvent, très souvent méprisé !
    encore maintenant !

     

    Tous les habitants de la ferme formaient une communauté de travail : le maître, sa famille, ses domestiques, vivant tous des produits de l’exploitation et supportant, en conséquence, de la même façon les effets de la misère et de la prospérité. Ils étaient aussi étroitement liés les uns aux autres que le sont, sur un bateau, les membres de l’équipage.

     

    Dans cette société patriarcale, les rapports entre les uns et les autres étaient empreints de la plus grande familiarité (la servante appelait la patronne par son prénom), mais le chef était obéi : il était maître à son bord après Dieu.

     

     

     

    On poussait parfois fort loin l’esprit d’association.

    Ainsi, dans le Léon, un acte de société en bonne et due forme était souvent signé entre le père et un ou plusieurs de ses enfants mariés.

    Les bénéfices du travail collectif étaient partagés entre eux, au fur et à mesure des rentrées.

    Mais au-dessus de cette communauté à l’échelle de l’exploitation, il en existait une plus vaste entre toutes les fermes d’un même « quartier ».

    L’union était une nécessité.

    Certains gros travaux comme les défrichements, la fenaison, la moisson, les battages, les grands charrois, exigeaient une main-d’œuvre nombreuse et le personnel de la ferme n’y pouvait suffire. Elle était, en même temps, une tradition.

     

     

     

    Cela allait plus loin, car, par exemple, lorsqu’un incendie (fréquent en ce temps de chandelles et de toit de paille) avait dévasté une ferme, tous les voisins considéraient comme un devoir de faire au sinistré un cadeau de foin et de paille pour ses bêtes, de sacs de grain pour sa famille, ...

     

     

     

    Un pauvre homme avait-il perdu son cheval ou la meilleure laitière de son troupeau ? Aussitôt une quête était faite pour l’aider.

     

     

    La charité  avait la réputation d’être inépuisable. Il n’était pas de paysan qui ne reçut chaque jour la visite de pauvres et ne leur donnât (si pauvre fût-il lui-même) la soupe, du blé, de la farine, des pommes de terre, ...

     

    Les paroisses étaient divisées en des sortes de confréries appelées « cordées », qui souvent s’assemblaient dans une chapelle, et dont le but était de secourir les pauvres, les veuves et les orphelins.

     

     

     

     

     

     Au XIXe, la France est encore un pays très rural. 

     

    La plus grande partie de la population française vit encore dans les campagnes, mais c'est tout un monde qui change sous la double influence de la révolution industrielle et de la révolution des transports. 

     

    La petite propriété agricole demeure familiale, les ouvriers agricoles, sans terre, sont nombreux.

     

    A côté des paysans, les artisans et les commerçants du monde rural ont également du mal à vivre. 

     

    L’artisanat est concurrencé par les produits industriels. De nombreux ruraux quittent la terre et vont en ville en espérant y vivre mieux et trouver un emploi. 

     

    C’est l’exode rural.

     

    --- La vie Paysanne Un Monde de sauvages !! 

    Gambetta résume les choses en quelques mots en 1871 (imbécile !)

     

    De nombreux témoignages suggèrent qu’une grande partie de la France du XIXe siècle était habitée par des sauvages. 

     

    En 1840, un officier d’état-major constatait que les Morvandiaux de Fours « poussaient des hurlements aussi sauvages que ceux des bêtes ». Les paysans étaient vus comme des pécheurs. 

     

    Les soulèvements populaires de décembre 1851 apportèrent leur lot de commentaires : horde sauvage, pays de sauvages, de barbares.

     

     Même en 1903, le thème de la sauvagerie rurale est encore repris par un auteur de récits de voyage : visitant le Limousin, au nord de Brive, il est frappé par l’esprit inhospitalier de la région et par les huttes de sauvages dans lesquelles vivent les gens. 

     

    --- La vie Paysanne Un Monde de sauvages !! 
    Gambetta résume les choses en quelques mots en 1871

    (imbécile !) 

     

    Ce qui manque aux paysans ? La civilisation  !! imbécile !

     

    en 1850, la loi Gramont, pénalisant le mauvais traitement des animaux domestiques, est inspirée par le souhait de « civiliser les gens ». 

     

    On payait dans les foires pour tuer une poule à coups de cailloux ! 

     

    Entre 1860 et 1880, les rapports des inspecteurs des écoles primaires répètent que les paysans n’ont pas assimilé la civilisation française, ils vivent comme des bêtes avec leurs bêtes.

     

     Il faut leur enseigner les manières, la morale, l’alphabet, leur donner une connaissance du français et de la France, une perception des structures juridiques et institutionnelles. Gambetta résume les choses en quelques mots en 1871 : 

     

    les paysans sont « intellectuellement en retard de quelques siècles sur la partie éclairée du pays ».

     

    Le paysan ne se rend en ville que lorsqu’il y est obligé.

     

     Il n’y rencontre que des gens qui prennent un air supérieur et moqueur avec lui. Le paysan est donc toujours gêné et mal à l’aise en ville ; 

     

    l’opinion que les citadins ont de lui est à l’image de la méfiance qu’il a d’eux.

     

     Il a toujours le sentiment d’être trompés par des gens (notaires, percepteurs) qui, eux, savent lire et qui profitent de son ignorance (ce qui arrivait souvent). 

     

    Au XIXe siècle, les historiens de la Vendée se refusaient à croire que les paysans puissent avoir des idées ou des projets autres que ceux inspirés par des sources extérieures. 

     

    Ce thème perpétuait la notion du bouseux abruti, dont la pensée était incohérente -si toutefois il lui arrivait de pensée. 

     

    ----------Marcher comme un paysan, manger comme un paysan était un péché que les petits manuels d’étiquette vendus par les colporteurs condamnaient sans détour. !

     

     Le mot paysan lui-même devint porteur de mépris.

     

     Le paysan avait honte d’être un paysan. !!

     

    Il admettait avec ses juges que quelque chose de valable et de très supérieur existait, qui lui faisait défaut. 

     

     

    Paris, et même la France, restèrent des lieux vagues et éloignés pour de très nombreux campagnards, comme ces paysans d’Ariège qui, en 1850, s’imaginaient que le Louvre était un palais de contes de fées, que les membres de la famille impériale étaient des personnages de livres d’histoires.

     

     

    Un millénaire chasse l'autre. 

    Dans un livre récent, Le Temps des laboureurs 

    (Albin Michel, 374 p.), consacré au second espace de mille ans, celui qui commence au XIe siècle, Mathieu Arnoux, grand ruraliste devant l'Eternel, dresse la figure pacifique et durable du laboureur, héros éponyme du beau Moyen Age et d'une croissance économique jusqu'alors sans exemple :

    elle ne se termine que dans la première moitié du XIVe siècle.
    Le laboureur et le vilain, le gros fermier et le manouvrier (saisonnier), forment ainsi le couple auguste qui, tant bien que mal, survivra dans nos campagnes pendant plus de neuf siècles. 

    Néanmoins, la peste noire et les guerres de Cent Ans de 1348 à 1450 détruisent à plus de 50 % ce peuplement rural de la France d'autrefois avec sa double nature, exploitante et prolétarienne.

    La renaissance démographique de 1450 à 1560 rétablit l'agreste duo dans son intégrité de l'avant-peste : 

    20 millions d'Hexagonaux (l'Hexagone virtuel est une figure géographique commode), dont 18 millions de paysans socialement structurés comme précédemment. 

    Cette masse humaine est stable, malgré les blessures anti-populationnistes, vite réparées, que lui infligent de temps à autre les guerres bourbonniques et louis-quatorziennes.
     

     

     

     

    suite...( Photo BRETAGNE )

    Le XVIIIe siècle est témoin d'un essor des peuplements agraires, équilibré, sans plus, par le développement économique du temps des Lumières. 

    La Révolution française libère la paysannerie du "joug" seigneurial, un joug qui n'était pas toujours aussi pesant qu'on le dit puisque la seigneurie fonctionnait, comme le soulignera Fernand Braudel, en tant qu'agent éventuel du développement de l'économie sur son territoire.

     

     

    suite ( de notre HISTOIRE pour bien comprendre ! )

    La paysannerie survit comme telle, malgré les souffrances des guerres de la Révolution et de l'Empire, par rapport aux pertes d'un à deux millions de personnes que lui ont infligées ces conflits. 

    Le XIXe siècle, jusque vers 1860, voire 1870, marque l'apogée, en volume, du bloc agraire de la nation : plus de 30 millions de ruraux. 

    L'Hexagone, en dépit des faibles rendements agricoles, est cultivé comme un jardin. 

    Plus spectaculaire sera la chute. Dès la fin du Second Empire et sous la IIIe République, le reflux campagnard est amorcé.

     

    la suite.....

    Bientôt, dès 1913, la population active non agricole est en voie de rattrapage vis-à-vis de sa consoeur paysanne. 

    Le massacre de 1914-1918 éprouve davantage la jeunesse villageoise que ce n'est le cas pour les ouvriers : 

    ils sont souvent affectés spéciaux dans les usines d'armement.
    puis plus tard à VERDUN !

     

    Continuons notre récit...( années 30/ puis l'occupation, la guerre.. )

    La dépopulation rustique continue dans l'entre-deux-guerres ; elle est ensuite freinée à l'époque de l'occupation allemande, tant le secteur agricole, donc alimentaire et vital, s'avère indispensable dans un pays privé d'importations de nourriture : pour un certain nombre d'agriculteurs, les années 1940-1944, si déplorables qu'elles fussent à leur égard, ne furent pas les pires qu'ils aient jamais connues, compte tenu des très rudes épreuves que leur avait infligées la crise mondiale lors de la quatrième décennie du XXe siècle

     

     

     

    .. suite... toujours.. vous suivez ?

    Mais bien sûr, il y eut les déportations, les bombardements, les exécutions sommaires, après délations....aussi et RESISTANCE;;;etc. Inutile d'insister à ce propos. 

    L'après-guerre, les "trente glorieuses" et le tournant des XXe-XXIe siècles ont affecté les zones rurales. Nous sommes, en fait de démographie agricole, plus rabaissés qu'en 1450, la situation est pire, si l'on peut dire, puisque même en cette époque maudite, il y avait davantage de personnes employées à la terre, à l'herbage et à la forêt que ce n'est le cas de nos jours

     

     

    Nous en revenons toujours aux mêmes processus...
    Les ELUS ! qui souvent ne connaissent rien de la TERRE ni du monde RURAL 
    - Le rôle des notables ruraux

    Pour exercer son influence et imposer sa puissance, la force publique s'appuie sur les élites anciennes de la terre. 

    Ce sont ces fameux notables ruraux dont les compétences, si elles sont indéniables dans la plupart des cas, se manifestent souvent au détriment de l'intérêt général campagnard. 

    Exerçant des fonctions d'élus, de juristes en tous genres, d'industriels éloignés des campagnes une partie de l'année ou simplement de rentiers du sol, les notables des campagnes françaises servent l'ordre politique en place et favorisent le contrôle des espaces ruraux. 

    Ils transmettent les valeurs de la République, perpétuent les traditions ancestrales, mettent en place des communautés rurales organisées et hiérarchisées...

    Leur rôle est complexe puisqu'il s'attache à la fois à la modernisation des sociétés rurales et à une certaine forme de conservatisme qui sert QUE LEURS INTERETS..

     

     

    . mais un petit billet "Historique".. qui vaut la peine
    d'être lu...cette femme connue.....parle de la paysannerie...

    La citation « spirituelle mais un peu pitoyable »

    « On dit qu’il y a cinq ou six cents bonnets bleus en Basse-Bretagne qui auraient bien besoin d’être pendus pour leur apprendre à parler. »

    Mme de Sévigné

    dans une lettre à sa fille datée du 3 juillet 1675

     

     

     

     Tous les habitants de la ferme formaient une communauté de travail : le maître, sa famille, ses domestiques, vivant tous des produits de l’exploitation et supportant, en conséquence, de la même façon les effets de la misère et de la prospérité. Ils étaient aussi étroitement liés les uns aux autres que le sont, sur un bateau, les membres de l’équipage.

     

    Dans cette société patriarcale, les rapports entre les uns et les autres étaient empreints de la plus grande familiarité (la servante appelait la patronne par son prénom), mais le chef était obéi : il était maître à son bord après Dieu.

     

    On poussait parfois fort loin l’esprit d’association. Ainsi, dans le Léon, un acte de société en bonne et due forme était souvent signé entre le père et un ou plusieurs de ses enfants mariés. Les bénéfices du travail collectif étaient partagés entre eux, au fur et à mesure des rentrées.

     

    Mais au-dessus de cette communauté à l’échelle de l’exploitation, il en existait une plus vaste entre toutes les fermes d’un même « quartier ».

     

    L’union était une nécessité. Certains gros travaux comme les défrichements, la fenaison, la moisson, les battages, les grands charrois, exigeaient une main-d’œuvre nombreuse et le personnel de la ferme n’y pouvait suffire. Elle était, en même temps, une tradition.

     

    Cela allait plus loin, car, par exemple, lorsqu’un incendie (fréquent en ce temps de chandelles et de toit de paille) avait dévasté une ferme, tous les voisins considéraient comme un devoir de faire au sinistré un cadeau de foin et de paille pour ses bêtes, de sacs de grain pour sa famille, ... Un pauvre homme avait-il perdu son cheval ou la meilleure laitière de son troupeau ? Aussitôt une quête était faite pour l’aider.

     

     

    La charité  avait la réputation d’être inépuisable. Il n’était pas de paysan qui ne reçut chaque jour la visite de pauvres et ne leur donnât (si pauvre fût-il lui-même) la soupe, du blé, de la farine, des pommes de terre, ...

     

     

    Les paroisses étaient divisées en des sortes de confréries appelées « cordées », qui souvent s’assemblaient dans une chapelle, et dont le but était de secourir les pauvres, les veuves et les orphelins.

     

     

     

    L'hiver, moins harassant, exige tout de même son quota de travail. En préparant le terrain pour la culture des poireaux, ce paysan repart vers une nouvelle année de travail. France, 1930. © Jacques Boyer / Roger-Viollet

     

     

     

     

    Tout au long du XIXème siècle, en "Europe" et surtout en France, les mondes ruraux et agricoles ont une place indéniable 
    dans la société. ( ??? )

    En terme de démographie, d'économie ou de représentation sociale, la campagne influence les destinées des pays européens. 

    Bien que de plus en plus tournées vers le monde de l'industrie et de l'urbain, les sociétés européennes du XIXème siècle conservent des traditions originaires du monde rural et bien plus encore. 

    La politique ne demeure pas insensible à ces influences et, au lieu d'ignorer ces sociétés rurales, on cherche plutôt à s'attirer leur bienveillance voire même à les guider

    Quels systèmes de pouvoir met-on en place dans les campagnes ?

    Comment la politique s'immisce-t-elle dans les sociétés rurales du XIXème siècle ? 

     

     

    Contrôler indirectement par les BUREAUCRATES !qui méprisent le monde AGRICOLE !

    Au XIXème siècle, les mondes ruraux européens, et français en particulier, sont relativement isolés de l'ensemble de la société urbaine et des bouleversements modernisateurs qui s'y jouent. 

    En contact permanent avec les villes pour les échanges économiques et de fréquents exodes ruraux, les sociétés des campagnes françaises conservent une relative autonomie. 

    Ces communautés rurales n'en demeurent pas pour autant des isolats. Il s'agit d'un univers relié au monde englobant de la ville par des systèmes de pouvoir et de contrôle social.

    S'il n'existe pas de Ministère de l'Agriculture à proprement parler avant une décision de "Gambetta" en 1881, des formes d'organisation étatiques indirectes sont en place dès le début du XIXème siècle. 

    La politique rurale n'est ni définie avec précision ni avec un soucis de globalité. 

    Pourtant, si la pensée de l'Etat n'est pas spatialisée, les sociétés rurales sont sous le contrôle de forces et de dirigeants extérieurs, ou du moins pas clairement identifiés. Il faut comprendre que pendant la première moitié du XIXème siècle, la puissance publique ne possède pas les moyens d'un contrôle réel sur les espaces ruraux. 

    A cause de l'instabilité politique, du manque de moyens financiers, du manque d'agents publics et du manque de connaissance des mondes ruraux, le pouvoir de l'Etat et le contrôle se font de manière indirecte. 

    Cette logique de gouvernement indirect des espaces ruraux s'observe en France, mais également dans l'ensemble de l'Europe.
     
     
     
     

     

     
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